Voici la pétition que j’ai envoyée à Bruxelles le 23 mars 2026 :
En tant que citoyen de l’Union européenne, je souhaite attirer l’attention du Parlement européen sur les difficultés linguistiques qui freinent la communication et l’intégration entre les peuples européens. Malgré des années d’apprentissage obligatoire, la majorité des citoyens européens ne parviennent pas à maîtriser les langues étrangères à un niveau réellement opérationnel. Cela crée des inégalités profondes et limite la participation démocratique.
La communication entre Européens repose souvent sur une langue nationale qui n’est la langue maternelle que d’une minorité, ce qui rend les échanges approximatifs et artificiels. Tant que ces frontières linguistiques persisteront, il sera difficile de faire émerger un véritable sentiment d’appartenance européenne.
Plusieurs travaux, dont le rapport Grin (2005), ont montré qu’une langue commune neutre serait une solution plus équitable et plus efficace pour l’Union européenne.
Je demande donc au Parlement européen :
– d’ouvrir une étude officielle sur l’introduction progressive d’une langue commune neutre
au sein de l’Union européenne ;
– d’examiner l’espéranto parmi les options possibles.
Bruxelles, CLE/ok [IUST-SEC/PETI-COMMITTEE D (2026)24909]
D 303996 02.09.2026
Objet : Pétition nº 0802/2026 (référence à rappeler dans toute correspondance)
Cher M. Martin,
Je vous informe par la présente que la commission des pétitions a examiné votre pétition et l'a
déclarée recevable, dans la mesure où la question que vous soulevez relève des domaines
d'activité de l'Union européenne.
Compte tenu du sujet concerné, j'ai transmis votre pétition pour information à la commission
de la culture et de l'éducation (CULT) du Parlement européen.
Je souhaite vous informer du fait que la devise de l'Union européenne est «Unie dans la
diversité» et que les langues sont l'expression la plus directe du patrimoine culturel européen.
La diversité linguistique est une réalité et son respect est une valeur fondamentale de l'Union.
La coexistence en harmonie d'un certain nombre de langues en Europe incarne le projet
européen.
Les langues permettent de jeter des ponts entre les peuples, en donnant accès à
d'autres pays et à d'autres cultures, permettant ainsi aux citoyens de se comprendre
mutuellement.
Je souhaite également vous informer sur le fait que la diversité linguistique et le multilinguisme
de l'Union européenne sont un principe fondamental de l'Union, comme en témoignent
l'article 3, paragraphe 3, du traité sur l'Union européenne (traité UE) et l'article 22 de la charte
des droits fondamentaux de l'Union européenne, qui exigent de l'Union qu'elle respecte la
diversité culturelle et linguistique.
Les langues officielles et de travail de l'Union européenne sont déterminées par le règlement
nº 1 du Conseil du 15 avril 1958, tel que modifié, et toutes les langues officielles des États
membres bénéficient du même statut au sein des institutions de l'Union:
https://www.europarl.europa.eu/about-parliament/fr/organisation-and-rules/multilingualism.
Conformément à l'article 165 du traité FUE, le contenu de l'enseignement et l'organisation des
systèmes éducatifs restent sous la responsabilité des États membres, tandis que l'Union soutient
et complète leurs actions dans le domaine de l'éducation et de l'apprentissage des langues.
Le Parlement européen a toujours soutenu le multilinguisme et l'apprentissage des langues en
tant que moyens de promouvoir la mobilité, les échanges culturels, la compréhension mutuelle
et l'intégration européenne, tout en respectant la diversité linguistique de l'Union.
Pour de plus amples informations sur l'approche de l'Union en matière de multilinguisme, je
vous invite à consulter la page web du Parlement européen consacrée à la politique linguistique:
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/142/language-policy.
Sur base de ce qui précède, la commission a décidé de ne pas poursuivre l'examen de votre
pétition. Je tiens néanmoins à vous remercier d'avoir exercé votre droit de pétition.
Je vous prie d'agréer, Monsieur Martin, mes salutations distinguées.
Bogdan Rzońca
Président de la Commission des Pétitions
Suivant la norme européenne, et afin de préserver les langues de chacun, l’Union européenne reconnaît aujourd’hui 24 langues officielles. L’objectif affiché est que chaque citoyen apprenne deux langues supplémentaires en plus de sa langue maternelle, afin de faciliter la communication entre Européens.
En théorie, cette méthode devrait permettre à chacun de communiquer dans l’Union. Mais en pratique, cela ne fonctionne qu’une fois sur cinq. Les combinaisons de langues apprises sont trop différentes, les niveaux restent faibles, et les efforts demandés sont considérables.
Apprendre deux langues étrangères n’est pas facile : cela demande du temps, de l’énergie, et représente un coût important pour les familles et pour les États. L’argent ne semble pas être un problème pour l’Europe, mais pour les citoyens, c’est une autre histoire.
Apprendre deux langues chacun pour n’obtenir qu’une chance sur cinq de se comprendre, ce n’est certainement pas un objectif réaliste. En observant la logique actuelle, on comprend que la solution implicite envisagée par la Commission européenne serait plutôt que tous les Européens apprennent l’anglais. Dans cette vision, la devise « S’unir dans la diversité » perd de sa cohérence : si tout le monde doit adopter la même langue dominante, cela ressemble davantage à une forme d’uniformisation qu’à une véritable diversité linguistique.
De plus, lorsque je vois le président de la République française prononcer fièrement des discours en anglais, je comprends mieux pourquoi l’espéranto ne retient pas l’attention des institutions. L’idée d’une langue commune neutre, équitable et accessible ne semble pas correspondre à la direction choisie. Pourtant, elle offrirait une alternative bien plus juste pour les citoyens européens.
Je pensais qu’en passant par les grandes institutions, mon message serait mieux entendu, notamment concernant l’espéranto, qui est un outil efficace, équitable et peu coûteux, autant en argent qu’en temps d’apprentissage. Mais ce n’est pas le cas.
Finalement, ce sont les gens eux-mêmes qui peuvent se rendre compte que l’espéranto peut réellement les aider à voyager, à rencontrer d’autres Européens, et à communiquer ensemble sans barrière linguistique.
Le problème est que l’intérêt de tous n’est pas toujours l’intérêt de ceux qui nous gouvernent, même si c’est souvent le peuple qui leur donne leur pouvoir. L’espéranto est un outil pour les citoyens, pas pour les institutions.
La démarche institutionnelle était une tentative sincère : présenter à l’Union européenne une solution simple, équitable et accessible pour améliorer la communication entre les citoyens. La pétition a été jugée recevable, elle a été transmise à la commission compétente, et une réponse officielle a été envoyée. Sur ce point, le travail a été fait proprement.
Mais il apparaît clairement que les institutions européennes restent attachées à leur modèle actuel : préserver les 24 langues officielles et encourager chaque citoyen à apprendre deux langues supplémentaires. En pratique, cette méthode ne fonctionne qu’une fois sur cinq, et elle demande des efforts considérables aux citoyens, alors que l’espéranto offrirait une alternative efficace, rapide et peu coûteuse.
L’expérience montre que ce n’est pas par les grandes institutions que l’espéranto sera reconnu. Ce sont les citoyens eux-mêmes qui peuvent découvrir sa simplicité, sa logique, et la liberté qu’il apporte pour voyager et communiquer sans barrière linguistique.
Parfois, l’intérêt général n’est pas celui des institutions, même si c’est le peuple qui leur donne leur pouvoir. Alors oui : il faut reprendre son bâton de pèlerin, continuer à expliquer, à montrer, à partager. L’espéranto avance par les gens, pas par les structures.